Green Ink Fountain Pen

La douleur

La douleur. Elle est présente au plus profond de ma chair, insistante, pressante. Sans cesse, elle se rappelle à ma conscience réticente, l'empêchant à tout moment de vaguer vers d'autres pensées. Elle me brûle par l'intérieur, lançant des flammes lancinantes dans mon corps meurtri. Elle m'arrache des gémissements que je ne peux contenir.

Je crois soudain en être débarrassé, je ne sens plus rien. Je tente un mouvement hésitant. La vérité cruelle immédiatement me rattrape. Je suis prisonnier dans la prostration. La douleur est là, plus présente encore que l'instant d'avant.

Je sens mon corps se résigner, mon esprit aussi. Quoi que je fasse, elle est là, à me tarauder. Elle ne me quittera plus, je le sais. Elle devient mon obsession de chaque instant. Même le sommeil ne m'en libère plus. Elle m'arrache sans cesse aux bras de Morphée, me réveille brutalement au milieu de la nuit dans un hurlement.

Elle me ronge, petit à petit. Je sens mes forces qui s'amenuisent. Ma volonté de lutter disparaît progressivement. À quoi bon résister? à quoi bon espérer? Je souffre. Plus rien d'autre n'a d'importance, plus rien d'autre n'existe. Rien n'existera plus jamais. J'ai mal. La douleur. La douleur.